Emmanuelle Comtesse - Psychologue Clinicienne

De la rupture à l’abandon « On s’est aimé comme on se quitte », dit la chanson. Souvenez-vous de la façon dont vous avez rompu. Sans penser à demain ? Avec des larmes qui n’ont rien changé à sa décision ? Avec l’indifférence apparente de celui qui maîtrise la situation? Quelle que soit la façon dont vous avez réagi le jour où l’autre vous a annoncé que c’était fini, la rupture est une expérience unique et souvent douloureuse qui met notre narcissisme à rude épreuve. Surtout lorsqu’on se fait larguer. Impossible de ne pas l’affronter ou de la banaliser. C’est là, c’est une réalité et lorsqu’on ne s’y attend pas, la rupture amoureuse est un traumatisme. Rompre revient à briser brutalement des liens que l’on avait mis du temps à tisser. Les repères, qui apportaient stabilité et assurance, volent en éclats. Entre la première rencontre et cet instant tragique de la rupture, s’était écrit une histoire de vie à deux à laquelle le départ de l’autre met un point final. Une page se tourne, le livre se referme et la conclusion raconte les regrets, l’amertume et la haine ressenties à l’égard de « l’ex ». Pour surmonter les difficultés d’une séparation, il est nécessiare de faire le deuil d’une existence où nous avions nos repères, de renoncer au couple que l’on formait et qui fonctionnait, même si cela semble à priori un peu rude. Ce n’est pas pour rien que l’on utilise l’expression « se faire plaquer » pour signifier que l’on vient d’être quitté. Se faire plaquer, au sens littéral du terme, signifie se retrouver cloué au sol, anéanti, incapable de bouger, impuissant à pouvoir faire quoi que ce soit pour détourner le cours des choses. Or, que ressent-on lorsqu’on est impuissant ? On éprouve un sentiment d’abandon, à l’instar du nourrisson que sa mère délaisse. L’abandon amoureux nous renvoie toujours à cette part de nous-même où nous vivions dans une relation d’étroite dépendance avec notre premier objet d’amour, le plus souvent notre mère, dont nous supportions difficilement l’absence. Attachement et séparation, l’un ne va pas sans l’autre. On ne peut se séparer que si l’on a été aimé, retenu, amarré, et c’est dans ce mouvement apparemment contradictoire que va se rejouer la relation à l’autre, celui cette fois, qui portera les traits de celui ou celle que nous désirons. Or, moins on a été aimé lorsque nous étions enfant, plus on réclame à l’âge adulte l’amour et la sécurité qui ont fait défaut. L’affection de l’autre peut alors compenser les carences affectives et cautériser des plaies mal cicatrisées. Mais lorsqu’une séparation s’annonce, ce type de relation est à double tranchant, car le lien fusionnel, qui suppose la formation d’une « unité-duelle » où chacun se fond dans l’autre, nécessite, lorsqu’il se rompt, un processus de sevrage pour trouver une autonomie affective et psychique. Car, au fond, devenir adulte, c’est apprendre à se séparer, à se détacher, puis à retrouver une plénitude affective sans l’autre. Comprendre Nous connaissons tous, au cours de notre vie, divers traumatismes et celui de la rupture amoureuse n’est pas des plus original. Mais lorsqu’il se reproduit, il est nécessaire de faire un point sur ce qui arrive. Le choc affectif ainsi dépassé peut alors devenir un formidable moteur pour s’engager dans une autre histoire plus sereinement, sans nourrir la crainte de perdre l’autre et risquer d’y parvenir à tous les coups. Alors comment éviter redite de la rupture? En pensant l’ « im-pansable » abandon, justement. Même si cogiter sur le pourquoi du comment des événements ne suffit pas à panser ses plaies, cela permet de donner du sens à une situation qui nous dépasse d’autant plus que pour certains, elle ne cesse de se répéter. Les abandons à répétition, qu’on le veuille ou non, sont des situations quelquefois inconsciemment voulues. Réfléchissez : combien de fois vous êtes-vous fait plaquer ? Si vous n’en connaissez pas toujours les raisons, avouez que c’est toujours de la même façon. Le visage de votre amoureux ou de votre amoureuse change mais le scénario reste immuablement le même. Vous avez toujours le sentiment de vous être fait avoir, alors même que vous connaissiez le fin mot de l’histoire. « C’est le destin », pensez-vous résigné, « ou bien c’est moi, tout simplement ». « Je suis stupide, je n’étais pas à la hauteur, je ne le méritais pas, je suis incapable de retenir qui que ce soit ». Admettons. Penser que la rupture n’est jamais que le fruit d’un destin inexorable évite de s’interroger sur les causes profondes d’un phénomène, mais n’amoindrit pas le chagrin. Au contraire, ces certitudes sont même à l’origine d’un comportement destructeur et répétitif. Parler pour panser En réalité, l’abandon à répétition n’est pas l’œuvre d’une triste destinée, ni même la conséquence des tares que l’on s’attribue, mais un tour de l’inconscient qui « oblige » à revivre une scène de son histoire passée où l’autre est synonyme d’abandon et de disparition. Que s’est-il passé avec les personnages clés de votre enfance ? Quel lien en particulier s’est-il brisé pour que vous ne cessiez de répéter cette scène de rupture à l’âge adulte ? Reproduire un comportement ou une situation de façon compulsive puise sa source dans un traumatisme ancien. Rejouer inconsciemment ce drame en est à la fois l’effet et l’antidote, une manière paradoxale et inadaptée de se soigner. On recommence l’histoire en espérant trouver une issue plus heureuse, mais l’on ne fait que la ré-écrire sans pouvoir mettre un terme à ce cycle infernal. En parler, affronter la douleur de ces premiers instants de l’enfance où le prototype de celui qui a cessé de nous aimer refait surface, permet d’établir un lien entre les expériences actuelles et celles du passé. Ceci pour rendre conscient ce que nous avions enfoui. En retrouvant l’empreinte de cette première trahison, nous réussirons à sortir de la prison morale et psychique dans laquelle nous nous sommes enfermés et pourrons enfin accorder notre confiance à l’autre en n’ayant plus peur de le perdre. Si penser la rupture constitue un moyen efficace pour recommencer une autre histoire, il est préférable d’être accompagné au cours de cette démarche personnelle. Surtout si vous ne parveniez pas à faire le deuil de votre ancienne relation ou que les abandons renouvelés perturbent votre équilibre psychique. Un professionnel de la santé mentale est capable d’écouter avec l’attention et la neutralité bienveillante requises pour procéder à une évaluation objective de chaque cas. Il se peut en effet que vous soyez particulièrement affectés par cette rupture. Auquel cas, un entretien thérapeutique peut s’avérer nécessaire pour y voir plus clair On recommence? Tourner la page d’une histoire sentimentale n’est pas chose aisée. Car, très souvent, la douleur ressentie lors d’une rupture est à l’aune de l’attachement que l’on avait pour l’autre. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la séparation peut alors s’envisager comme un moment idéal pour faire le point sur une relation passée et accepter sa part de responsabilité dans nos déboires sentimentaux. Idéalisation, dépendance et possessivité. L’amour se décline en une infinité de nuances. Quelle que soit la façon d’aimer, la matrice de l’amour se trouve dans la relation à nos premiers objets d’amour et nos comportements amoureux prolongent ou réparent ce lien originel. Voilà pourquoi nous choisissons inconsciemment des partenaires avec lesquels nous rejouons éternellement les scènes de notre enfance. Pour sortir de l’engrenage des histoires aliénantes et destructrices, pas de recette miracle, mais un plongeon en soi-même qui interroge le lien de soi à soi et de soi à l’autre. Une thérapie peut aider au passage de la culpabilité à la responsabilité, de la dépendance à l’indépendance. Le but étant d’être enfin capable d’assumer un jour le choix de ses liens et d’être libre d’aimer. Si vous tenez vraiment à renouer avec votre ex sans prendre le risque de jouer votre peau, la thérapie de couple constitue une piste intéressante, à condition que les deux partenaires soient d’accord. Elle suppose que chacun reconnaisse ses actes et s’intéresse au ressenti de l’autre. Si ce n’est pas le cas, elle peut aussi entretenir la mésentente dans l’intimité. Mais quelle que soit votre décision, gardez à l’esprit qu’il n’existe pas de mode d’emploi de la bonne relation et que celle-ci dépend d’un savant dosage entre tendresse, engagement et passion, chacune de ces composantes contribuant à son équilibre. Emmanuelle Comtesse

 

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Psychologue clinicienne diplômée de l’université - Paris VII - DESS Psychologie clinique et Psychopathologie - DEA Sexualité et traumatisme - DU de Victimologie Université René Descartes Paris V - DU Prévention et Responsabilité Université Panthéon Assas Paris II - Certificat Thérapie systémique et familiale, formation Carole Gammer.
N° agrément D.D.A.S.S. (Adeli) : 759318496