Emmanuelle Comtesse - Psychologue Clinicienne

L'hystérie, sous le voile de la séduction,éditions Grancher ﷯L’hystérie et l’étude que lui a consacrée Freud ont fortement contribué à la fondation de la psychanalyse. Longtemps considérée comme la pathologie du simulacre, l’hystérie est avant tout une névrose essentiellement décrite chez la femme du XIXe siècle. Que signifie être hystérique pour la femme actuelle? Quel lien existe-t-il entre les hystériques de Freud et celles d’aujourd’hui ? L’hystérie est-elle seulement réservée à la gent féminine ? Pourquoi avons-nous tendance à associer hystérie et séduction? L’hystérie est-elle une maladie ou une attitude ? Peut-on en guérir ? Autant de questions auxquelles ce livre répond à travers des exemples (Don Juan, Blanche Wittman, Dora, Emmy Von N, Katharina, Anna O et Léonard de Vinci) qui ont jalonné l’histoire de la psychanalyse et dont les problématiques restent étonnament d’actualité. En apportant un éclairage à la souffrance de l’hystérique, mais aussi à ses fantasmes, son rapport à l’autre et à la sexualité, cet ouvrage aide à la compréhension de cette névrose, à la fois fréquente et mal connue, où l’inconscient et ses lois tiennent un rôle majeur. Il propose tout d’abord un portrait clinique de l’hystérique, avant d’aborder les causes de sa maladie et les possibilités de la sublimer pour mieux l’accepter. Introduction J’ai tenté de me rappeler les situations où l’on m’a traitée d’hystérique. L’une d’elles remonte à plus de dix ans. Lors d’une soirée, j’ai remarqué un homme qui m’observait depuis son arrivée. J’ai donc entrepris des travaux d’approche, puis l’effet désinhibiteur de l’alcool et l’humour de mon objet de convoitise aidant, je me suis laissée aller au jeu délicieux de la séduction d’une façon plus prononcée et voyante qu’à l’accoutumée. Je riais aux éclats à chacune de ses boutades et les postures de mon corps commençaient à trahir de façon significative les effets de son charme opérant. Savoir si ce flirt d’un soir a abouti ou non importe peu car, ce que ma mémoire a (inopportunément) sélectionné, n’est pas tant la couleur des yeux de mon bel acolyte que la réflexion de ma voisine de canapé qui m’était destinée : « Mais, ma parole, cette fille est complètement hystérique ! » Pour cette convive, le terme hystérique signifiait « femme qui séduit de façon outrancière ». J’avais agi à ses yeux de façon excessive et déplacée et le verdict était sans appel : j’étais une hystérique. Disait-elle vrai ? Je n’ai pas le souvenir d’avoir été taxée d’hystérie depuis et lorsqu’il m’a été demandé d’écrire un livre sur le sujet, je pensais en avoir une idée relativement définie. Dans mon esprit, il s’agissait d’une névrose aux expressions cliniques variées, dont le conflit est avant tout œdipien, puisque c’est bien le poids d’un désir interdit, celui d’aimer son père, qui est essentiellement en cause chez l’hystérique. J’avais connaissance des symptômes décrits par Charcot, dont les séances d’hypnose avec les hystériques de la Salpêtrière sont restées célèbres. Blanche Wittmann, hystérique de renommée internationale, y fera carrière. Dans le tableau de Brouillet, Une leçon clinique à la Salpêtrière, elle est représentée évanouie dans les bras de Babinski, les yeux révulsés, le poignet gauche retourné, devant une assistance composée de médecins et d’écrivains célèbres. Sa posture, ses mimiques et ses caprices lui valent le surnom de « reine des hystériques », dont elle est désormais la figure emblématique. Freud, qui bien vite renonce à l’hypnose pour lui préférer la cure par la parole, présente dans ses Études sur l’hystérie une version plus édulcorée de la maladie, notamment avec la description du cas de Dora, qui constitue l’exemple le plus connu d’hystérie de conversion. Ses patientes viennent consulter pour des troubles nerveux, tels que des toux ou des céphalées, auxquels le fondateur de la psychanalyse attribue une origine psychique, de nature sexuelle, qui est à recher- cher dans l’histoire de la malade. De Charcot à Freud, il est toujours question de femmes inhibées ou frustrées, que le sexe dérange et pour qui l’excitation sexuelle, agissant comme un souffle ravageur, se convertit en symptômes parfois spectaculaires. Mais les temps changent. Les femmes aussi. Si l’on s’en réfère aux magazines féminins, l’amazone des temps modernes choisit avec qui, quand, où et comment elle va coucher. Et dans l’éventualité où elle ne trouverait pas de quoi assouvir ses pulsions sexuelles six jours sur sept – comptons une journée de relâche – avec des hommes réels et méticuleusement choisis, les sex toys se vendent à la pelle, les toy boys (des gigolos made in America) constituent un marché en voie de développement, les rencontres sur Meetic ou les blogs littéraires débouchent parfois sur des love affairs d’un érotisme torride, et de frustration sexuelle, il n’est plus question. Tout au moins, en sommes-nous convaincus. L’hystérie, aujourd’hui Alors que signifie être hystérique aujourd’hui? Peut-on réduire cette pathologie à une simple histoire de répression pulsionnelle ? Une femme sexuellement libre a-t-elle moins de risque de devenir hystérique qu’une femme dont les instincts sont bridés ? Oui, répondent certains auteurs alléguant de l’affranchissement sexuel féminin pour enterrer définitivement l’hystérie. Non, soutiennent les autres. Car, malgré l’émancipation féminine, les symptômes hystériques demeurent. Mais ils se sont progressivement enfouis à l’intérieur du corps, pour réapparaître sous forme de troubles somatiques. Disparue du manuel de référence en psychiatrie (Diagnostic and statistical manual of mental disorder ou DSM IV), puis remplacée par la personnalité histrionique, l’hystérie fait l’objet de controverses et nargue le corps médical en multipliant les symptômes. Mais quels sont-ils au juste ? Et pour commencer, qu’entendons-nous par hystérique ? Bien que nous ne disposions pas d’études statistiques précises à son sujet, on suppose que l’hystérie est la névrose la plus fréquente de toutes, mais aussi la plus mal connue. Lorsque j’ai demandé à mon entourage de me donner une définition de l’hystérie (la consigne étant de ne pas consulter les manuels de psychiatrie et de ne pas interroger de psys), je me suis rendu compte que seulement deux personnes avaient respectivement évoqué la question de la séduction, « une femme qui séduit, mais ne passe pas à l’acte », puis celle de la maladie avec ses symptômes propres, « des somatisations plus ou moins graves », alors que ce sont des caractéristiques principales de l’hystérie. Tandis qu’une majorité l’associait systématiquement à la femme, à la folie, à l’absence de maîtrise de soi et systématiquement à un « pétage de plomb ». J’en ai donc conclu que l’hystérique type apparaît dans sa globalité sous les traits d’une femme toujours au bord de la crise de nerfs et incapable de se contrôler. Alors qu’y a-t-il de commun entre nos projections personnelles et l’hystérie au sens propre ? La première partie de cet ouvrage propose tout d’abord une description clinique de l’hystérie, avant de l’envisager comme un mode relationnel pathologique et fortement érotisé. Nous verrons ensuite que les troubles hystériques résultent d’un fantasme inconscient et constituent autant de stratégies pour se défendre contre la réalisation d’un désir interdit. La seconde partie traite des causes de l’hystérie et de la tendance à la dépression qui caractérise cette névrose. Nous verrons que la dépressivité hystérique traduit un conflit plus archaïque qui se situe en deçà de l’Œdipe. La dernière partie enfin interroge la possible guérison de l’hystérique grâce à la cure psychanalytique, mais aussi à travers des activités sublimatoires qui permettent de «transcender » son hystérie. Une interview sur le thème de l'hystérie par Stéphanie Torre

 

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Psychologue clinicienne diplômée de l’université - Paris VII - DESS Psychologie clinique et Psychopathologie - DEA Sexualité et traumatisme - DU de Victimologie Université René Descartes Paris V - DU Prévention et Responsabilité Université Panthéon Assas Paris II - Certificat Thérapie systémique et familiale, formation Carole Gammer.
N° agrément D.D.A.S.S. (Adeli) : 759318496