Emmanuelle Comtesse - Psychologue Clinicienne

Stress et souffrance au travail

(article inspiré du livre "Comment traiter le  burn-out" de Michel Delbrouk et al.)

I - Le stress - Aspects positifs et aspects négatifs

Le mot stress a été introduit par le médecin Hans Selye en 1936, pour désigner la réponse de l’organisme à des agents stressants, de nature physique ou émotionnelle.  Un traumatisme, une activité physique intense et prolongée, une situation émotionnelle positive ou négative peuvent provoquer un stress et toucher l’intégrité physique et/ ou psychologique de la personne.  Nous pouvons également être stressés par des situations pour lesquelles nous ne trouvons pas de sens ou de réponses satisfaisantes. Notre niveau de tension intérieure monte et nous perdons de vue nos intérêts, nos projets. Nous ne vivons plus que d’obligations, d’interdits et de routine. C’est ce que l’on appelle la frustration.

• Aspects positifs

Le stress est indispensable à la vie, car il permet à l’organisme de s’adapter à son environnement, sans quoi il peut s’en suivre la mort. Sur le plan physiologique, le stress entraîne des modifications métaboliques, comme l’augmentation du taux de cortisol qui joue un rôle dans l’apprentissage et la mémoire et une élévation de la sécrétion d’adrénaline qui permet de réagir.

• Aspects négatifs

Mais il existe une limite au-delà de laquelle le stress devient toxique pour l’organisme. Le stress chronique entraîne un vieillissement prématuré et des maladies chroniques. Le stress professionnel, par exemple, lorsqu’il devient trop important, serait à l’origine de 50 à 60% de l’ensemble des journées de travail perdues.  Aussi, est-il indispensable de savoir le gérer avant la crise.

II - Les causes du stress  - Les émotions - L’épuisement émotionnel

1- L’épuisement émotionnel

est le premier stade du burn-out.  Cet état se traduit par le sentiment d’être vidé, ce qui nous empêche d’être en relation avec les émotions de l’autre. Il devient alors difficile de travailler avec ses collègues. La fatigue physique et l’irritation provoquent des explosions émotionnelles, souvent mal perçues par l’entourage. Dans le pire des cas, l’émotion est niée, masquée par des comportements de contrôle. L’image que l’on renvoie est celle d’une personne anormalement froide et distante.

La conséquence de l’épuisement émotionnel est la déshumanisation de la relation à l’autre. Les émotions nous envahissent à tel point qu’il faut les mettre de côté. La sécheresse relationnelle frôle le cynisme, l’autre est chosifié, ignoré en tant qu’être humain. Par exemple, pour le patron, ses subordonnés sont des numéros, des outils destinés à faire tourner une entreprise. Ce changement de comportement s’installe progressivement et très souvent à l’insu de la personne, malgré elle.

2 - Les émotions en lien avec l’entreprise

La bonne santé économique d’une entreprise repose en partie sur sa bonne santé émotionnelle. C’est ce que nous appelons l’intelligence émotionnelle.

Cette fonction autorise les ressentis et la façon dont chacun va les exprimer. Elle permet notamment de gérer les conflits positivement et de résoudre les problèmes pour mieux les dépasser. L’individu ne subit plus, il agit.

Les émotions positives et négatives font partie de nous. Elles nous sont donc familières, mais représentent également une gêne. Lorsque c’est le cas, il faut apprendre, à les reconnaître, à les nommer puis à les apprivoiser. Pour cela, il faut être à l’affût de nos symptômes corporels, psychologiques et cognitifs qui sont autant de signes précurseurs d’un état de mal-être.

Détecter ces signaux permet alors de trouver les déclencheurs de nos émotions négatives.

L’intelligence émotionnelle permet en effet de transformer nos émotions négatives en émotions positives, de vaincre nos peurs et nos colères, de surmonter notre angoisse, de transformer notre tristesse en sérénité. Elle permet également de réguler les émotions chez soi et chez les autres, d’éviter l’extériorisation brutale, susceptible de choquer l’autre, ou bien l’intériorisation systématique, source de ruminations et de somatisations destructrices.

Cette fonction nous aide à identifier puis à aimer nos émotions car ces dernières, en tant que signal, constituent une aide précieuse dans la prise de décision.  Si nous savons les exprimer sainement et consciemment, elles favorisent la communication.

3 - Le sentiment d’échec

Le sentiment d’échec professionnel est la conséquence de l’épuisement émotionnel. Il entraîne doute de soi, de ses capacités et de son aptitude à communiquer avec ses collègues. Apparaissent des sentiments comme la culpabilité, la dévalorisation de soi et la démotivation. Les réactions à cet état sont le plus souvent l’absentéisme, la fuite du travail ou bien le présentéisme exacerbé dépourvu d’efficacité ou de rentabilité.

Le sentiment d’échec est subjectif. Il n’est pas directement lié aux qualités ou aux défauts d’un individu, mais à l’idée qu’il se fait de ses propres aptitudes. Freud parlait de névrose d’échec pour signifier que nous mettons tout en œuvre pour contrarier nos désirs. Il est fréquent de voir une personne qui souffre de névrose d’échec, présenter des symptômes psychosomatiques lorsqu’une promotion est obtenue et même d’y renoncer. Les rêves itératifs, révélateurs de la névrose d’échec ont pour thème l’échec à un examen.

Les causes profondes du sentiment d’échec trouvent leur source dans un sentiment de culpabilité inconscient. Ce sentiment de culpabilité peut se traduire par un « besoin de punition. ».

Dans la vie quotidienne, le sujet se punit par l’échec d’avoir des supposées capacités limitées. En réalité, il restreint lui-même ses champ d’actions et de possibilités pour se prouver qu’il n’est pas capable de réussir, car il ne supporte pas la satisfaction. Lorsque la possibilité de satisfaire un désir se présente, il met en place des stratégies inconscientes pour saboter sa carrière.

Ce mécanisme inconscient ne fonctionnerait pas sans l’existence d’un juge interne puissant (le surmoi freudien). Lorsqu’on est en lutte avec une telle instance, on doit s’y soumettre et lui rendre des comptes jusqu’à l’épuisement, car ce qui caractérise ce juge interne, c’est qu’il n’est jamais content.

Dans la vie professionnelle, cette instance surmoïque se rencontre sous les traits d’un patron tyrannique ou se matérialise tout simplement par une charge de travail toujours plus importante que l’on s’impose. Le sentiment d’échec est en quelque sorte la clef de voûte du burn-out.

III - Les conséquences du stress - Les 3 phases du stress

L’ensemble des réactions physiques et psychologiques du stress est appelé SGA (syndrome général d’adaptation). Il se déroule en 3 phases :

• Phase d’alarme

L’organisme reconnaît l’agression. Il est dans un premier temps paralysé puis se prépare à agir. Il sécrète de l’adrénaline. Ses performances, sa concentration augmentent, tandis que la douleur diminue.

Le rythme cardiaque, le débit sanguin, la respiration s’accélèrent. Les réserves de sucre et de graisse sont dégradées donc l’organisme puise dans ces réserves.

• Phase de résistance

L’organisme s’adapte à l’agent stressant et mobilise des ressources pour faire face à la situation ou à l’événement. Il sécrète de fortes doses de cortisol.

• Phase d’épuisement

Les résistances décroissent et l’organisme commence à s’épuiser, car le taux de cortisol diminue. C’est à ce moment-là que la personne commence à souffrir de troubles psychologiques et physiologiques. Les maladies auto-immunes et l’ulcère à l’estomac font partie des conséquences d’un stress prolongé.  Conséquences du stress extrême et troubles associés: le burn-out ou la dépression par épuisement. La souffrance au travail se définit la plupart du temps par une dépression réactionnelle directement liée aux contraintes organisationnelles et sociales de l’entreprise.  Cet état dépressif survient à la suite d’un surcroît de stress, d’un épuisement physique. On se sent vide,  fatigué,  privé d’énergie et l’on a du mal à se concentrer et à penser par soi-même.  Cependant, il existe des personnalités plus disposées que d’autres à cette dépression. Le profil psychologique est le suivant : dans le domaine du travail, le sujet est particulièrement perfectionniste et néglige les loisirs et la détente.  Avec ses collègues, il ne joue pas le jeu de la réciprocité : il accepte d’aider les autres, se dévoue pour ses proches, mais supporte difficilement qu’on lui rende la pareille. Il se comporte ainsi parce qu’il ne supporte pas le conflit ou les échecs avec ses collègues.

En réalité, les comportements de ce type de personnalité sont mus par un désir de maintenir des relations et un mode de fonctionnement idéalisés avec les collègues.

Il suffit d’un changement (déménagement, promotion), d’une épreuve ou d’un manque de reconnaissance de la hiérarchie pour que cet équilibre fragile vacille. Face à ce bouleversement, le sujet renforce ce qu’il avait érigé en mode de défense : il travaille encore plus, cherche à se dépasser face aux épreuves et se culpabilise encore plus de ne pas réussir.

Avec le temps, le sujet s’aigrit car ses efforts ne sont récompensés ni par autrui ni par le succès. Il s’épuise,  s’enlise dans la routine et la dépréciation de soi. De là à sombrer dans la dépression, il n’y a qu’un pas.

Les dépressions par épuisement concernent plus spécifiquement les personnalités en quête de reconnaissance, qui recherchent l’approbation des autres en guise de renfort narcissique.

Pour éviter que cela ne se répète dans le temps, il est indispensable d’envisager un travail sur l’estime de soi.

IV les personnalités à risque

La façon de réagir à une situation stressante dépend d’un compromis entre les caractéristiques personnelles de l’individu et celles de la situation.

Les facteurs de stress professionnel sont variables

Surcharge ou manque de travail ; danger physique ; insatisfaction au travail ; promotion ; insécurité de l’emploi ; relations difficiles avec les collègues, le patron ; le manque de communication ; un climat difficile.

Cependant, certaines personnes sont davantage prédisposées au stress que d’autres. Il existe un profil bien particulier de ce type de personne.

Ces personnalités dites « à risque » ont très peur de l’échec, ont un besoin impérieux d’être reconnues et surchargent leur journée de travail.

1- Superman/ Superwoman ou la personnalité hardie

Le syndrome du burn-out peut atteindre un sujet considéré comme sain. Ce type de personnalité a été décrit sous le terme de « personnalité hardie » par la psychologue Suzanne Kobasa.

La personne hardie a l’étoffe d’un super héros : elle est impliquée dans son travail, active, motivée par la nouveauté, apte à relever des défis. Ces personnalités répondent aux contraintes extérieures sans difficulté apparente. Mais parce qu’elles sont trop perfectionnistes et ne savent pas déléguer les tâches, leur énergie s’épuise.

Concernant la personnalité hardie, on parle de pathologie du comportement (par opposition à une pathologie de structure). Voici les traits de caractère qui  apportent une ombre au portrait de ces personnalités solaires.

a) L’esprit d’entreprise exacerbé :

Superman est enthousiaste et idéaliste, ce qui est bénéfique à l’entreprise. Il est hyperactif, fait preuve d’une ambition démesurée et travaille de façon compulsive. Il est incapable de se reposer, le répit étant perçu comme une perte de temps. En réalité, Superman est plus fragile et angoissé qu’il n’y paraît et se shooter au travail est une manière pour lui de conjurer l’angoisse du vide.

b) L’anxiété exagérée :

Superman souffre en effet d’une anxiété exagérée qui entraîne culpabilité et fatigue. Il a le sentiment qu’il doit toujours mieux faire, obtenir de meilleurs résultats. Cet état anxieux est insécurisant, ce qui a pour effet à long terme de le rendre inefficace parce qu’à force d’anxiété anticipatoire il diffère les tâches ou n’ose plus prendre de décision.

(on travaillera sur les troubles anxieux)

c) L’incapacité à faire confiance

Le souci est que Superman ne peut pas déléguer et reste persuadé que si l’on veut que les choses soient bien faites, il faut les faire soi-même. Il fait donc tout lui-même et s’épuise.

(Le travail consistera à découvrir ce qui sous-tend ces croyances et à apprendre à lâcher prise).

d) Le désir de plaire à tout le monde :

Superman poursuit un leurre, celui d’être aimé et apprécié par tout le monde. Il ne supporte pas de ne pas être remarqué, et préfère être haï qu’ignoré. Son intégrité psychique dépend de ces attentes égotistes.

(Le travail de thérapie consistera à explorer les zones de fragilité narcissique).

e) L’auto-critique exacerbée

En réalité Superman a une opinion négative de lui-même. Si tel n’était pas le cas,  il n’éprouverait pas le besoin d’être un surhomme.

Il en découle nervosité et culpabilité lorsqu’il juge que son fonctionnement n’est pas optimal. Dans ce cas, il travaille sans tenir compte du travail déjà accompli jusqu’à l’épuisement.

On retrouve ici le type de personnalité obsessionnelle ou ayant subi des traumatismes précoces (attitude auto punitive).

f) Superman a ses failles

L’altruisme de Superman dissimule un besoin de réassurance. Il est persuadé que le plaisir de vivre dépend de la satisfaction qu’il apporte à autrui, au détriment de sa capacité à être et de son identité propre. De fait on ne connaît pas la réelle personnalité de Superman.

Le fait de se poser en  sauveur de l’entreprise lui permet d’entretenir une image positive de lui-même, au risque d’oublier ses désirs et ses besoins réels.

Réduire la dépendance à l’Autre, avoir une meilleure estime de soi et apprendre à devenir autonome, constitue des pistes de résolution de ce syndrome.

Ces personnalités souffrent d’une pathologie du Moi idéal (résidu du Surmoi). Il s’agit de personnes qui n’ont pas pu intégrer les valeurs proposées par leur famille et la société. Elles s’identifient par conséquent à une construction idéale d’elle-même, qu’elles projettent hors d’elles-mêmes et à laquelle elles restent inféodées.

Les contraintes de perfection viennent du fait qu’elles ne peuvent pas déroger à cet idéal de perfection inaccessible. Ces personnes sont usées à force de vouloir atteindre ce Moi idéal toujours plus exigeant et tyrannique.

 

2 - Cendrillon ou la personnalité co-dépendante

La co-dépendance peut en effet se définir comme le sentiment d’une personne qui tire son bonheur de ce qu’elle fait pour les autres. Sa personnalité pourrait s’apparenter à celle de Cendrillon.

Cendrillon tente de gagner l’amour de l’autre en se surpassant. Elle se rend indispensable et ne sait pas dire non.

Elle sacrifie son propre épanouissement pour voler au secours des autres. Cependant, elle impose son aide plus qu’elle ne la propose et la refuser met en péril son identité narcissique fragile.

En réalité, ce ne sont pas les autres qui dépendent d’elle, mais elle qui dépend d’eux, de leur reconnaissance.

En effet, cette personnalité a une faible estime d’elle-même, c’est pourquoi elle se prend d’affection pour des personnes irresponsables qui abusent de sa diligence. Dans le conte, où la vertu est récompensée et la méchanceté punie, on voit comment Cendrillon se sacrifie pour ses sœurs, notamment en se faisant punir à leur place par sa belle-mère.

Cependant, même si la personne est consciente de ce qui se joue pour elle, il lui est difficile de changer, car aider est pour elle un moyen de s’imposer et d’exercer un contrôle sur l’autre.

On envisagera le même travail de restauration narcissique que pour Superman.

3 - Blanche-neige ou la personnalité traumatisée

Dans le conte de Grimm, Blanche-Neige est une enfant maltraitée par une belle-mère jalouse qui l’abandonne et tente de la faire tuer. Échouant dans sa tâche, elle continue d’avoir une emprise sur Blanche-Neige et la harcèle.

À l’instar de Blanche-Neige, les personnalités traumatisées ont été victimes de stratégies abusives ou d’exploitation dans l’enfance. Elles sont particulièrement prédisposées au burn-out, parce qu’elles sont plus fragiles et plus stressées que les autres.

Elles ont inconsciemment intégré des schémas de destruction qui se transforment et se rejouent dans le domaine professionnel.

Le contexte de violence dans lequel elles ont évolué a disparu, mais le mécanisme de destruction est intégré et se reproduit inlassablement. Blanche-neige semble mise hors de danger dans la maison des 7 nains, mais elle est encore sous l’emprise de sa marâtre qui la retrouve et la séduit.

Une prise en charge psychothérapeutique par des spécialistes du psychotraumatisme est indispensable au risque de voir se reproduire ces mêmes phénomènes sous une autre forme ou dans d’autres lieux. Par exemple dans un nouvel emploi avec d’autres personnes. C’est ce que l’on appelle la compulsion de répétition (le sujet provoque sans arrêt, inconsciemment, mais intentionnellement des traumatismes similaires).

V – Conseils pratiques pour diminuer le stress

Ce qu’il faut éviter : les stratégies d’adaptation passives au stress. Ce sont des attitudes d’évitement, de rigidité, de trop grand contrôle de soi. On se réfugie de façon excessive dans le jargon professionnel ou le travail pour épater la galerie. Ces comportements favorisent le burn-out parce qu’ils sont psychiquement et physiquement épuisants. S’ensuivent alors de l’irritabilité, des troubles somatiques, une consommation excessive d’excitants, ceci pour « tenir le coup ».

Ce qui est recommandé : les stratégies d’adaptation actives au stress. Au lieu d’éviter les conflits interpersonnels et professionnels, on les affronte. Pour cela, on écoute ses émotions et l’on en tient compte. On s’accorde du temps pour planifier ses actions et faire le point sur ce que l’on a fait de bien.

Enfin, on développe des attentes réalistes quant à nos objectifs et l’on essaie de les atteindre.

Pour que cela possible, on tente de comprendre nos angoisses et de les utiliser de manière constructive, en définissant nos réels souhaits.

Passer en revue nos actions grâce auxquelles un projet a abouti permet de s’auto-évaluer de façon favorable.

Ce travail intérieur apprend à faire la part entre ce qui relève de l’introjection et de la projection dans nos relations interpersonnelles. C’est alors que nous pouvons laisser à l’autre ce qui lui appartient et reprendre ce qui nous appartient. Nous éviterons ainsi les confusions de rôles.

 

Emmanuelle Comtesse

 

 

 

 

 

 

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Psychologue clinicienne diplômée de l’université - Paris VII - DESS Psychologie clinique et Psychopathologie - DEA Sexualité et traumatisme - DU de Victimologie Université René Descartes Paris V - DU Prévention et Responsabilité Université Panthéon Assas Paris II - Certificat Thérapie systémique et familiale, formation Carole Gammer.
N° agrément D.D.A.S.S. (Adeli) : 759318496